Safe driver certificate
Le premier risque d’accident grave sur les terrains humanitaires est lié à la route.

Pour former les chauffeurs des organisations humanitaires, Bioforce et Toyota Gibraltar Stockholdings, un des principaux fournisseurs de véhicules à la communauté humanitaire, ont développé la formation Safe Driver Certificate, qui insiste sur trois volets essentiels : la sécurité, la santé et la réduction des coûts de fonctionnement.

C’est l’histoire d’un partenariat qui a commencé il y a près de vingt ans. Tout démarre au début des années 2000 lors d’une visite Toyota Gibraltar Stockholdings (TGS) à Bioforce : le directeur de Bioforce reçoit un appel l’informant du décès sur le terrain d’un ancien élève dans un accident de voiture. L’idée d’une formation commune liée à la sécurité routière commence à germer. « Au cours des années suivantes, Bioforce fait régulièrement intervenir TGS dans son centre de formation lyonnais pour renforcer les capacités des logisticiens en charge de parcs de véhicules, raconte Mathieu Simonard, Coordinateur du pôle Infrastructures et équipements techniques à Bioforce. En parallèle, TGS décide de son côté de développer l’accompagnement des utilisateurs de ses véhicules sur le terrain : “ça fait partie intégrante de la stratégie de Toyota d’accompagner leurs clients dans la prise en main de leurs véhicules pour s’assurer qu’ils en font un bon usage qui aura des répercussions positives sur l’ONG, tant sur un plan économique que sur son image ”, explique Mathieu Simonard.

Enquête et formation

C’est alors que le projet d’une nouvelle formation conjointe, répondant aux standards qualité de la formation humanitaire HPass, se concrétise, avec pour public cible les chauffeurs humanitaires en activité. Entretemps, Jean-Philippe Lézeau, ancien élève et formateur à Bioforce, a rejoint TGS où il développe des formations. “On veut apporter notre pierre à l’édifice que les humanitaires sont en train de bâtir”, avance-t-il. Il décide donc de s’appuyer sur le Fleet Forum, une organisation collaborative entre acteurs humanitaires et privés dans le domaine de la gestion de parc de véhicules “pour faire une enquête et repérer les compétences nécessaires au milieu humanitaire”, explique-t-il. L’étude prend près d’un an. C’est à partir de ce référentiel de compétences validé par la communauté humanitaire qu’ont été définis les compétences cibles, les critères et modalités d’évaluation de la formation et, surtout, “s’assurer que tout ça est bien intégré dans le scénario pédagogique et dans l’animation ”, insiste Mathieu. Il faudra trois ans à Bioforce et TGS pour mettre au point la nouvelle version de la formation qui délivre un badge HPass, Safe Driver Certificate. Pendant 40 heures, réparties sur cinq jours, les participants alternent ainsi des temps d’apprentissage théorique (30%) et pratique (70%) avec démonstrations et exercices. Les évaluations individuelles se font en parallèle, tout au long de la formation, qui peut être dispensée en français ou en anglais.

Trois volets

Pour Mathieu comme pour Jean-Philippe, les organisations internationales ont trois bonnes raisons d’inscrire leurs chauffeurs à cette formation. D’abord, un chauffeur n’est pas uniquement garant de la sécurité de ses passagers, expliquent-ils. Il est également “l’ambassadeur de la structure, parce qu’il conduit un véhicule qui porte le logo de l’ONG”, estime Jean-Philippe, selon lequel il n’est pas donné à tout le monde de conduire un véhicule tout-terrain, customisé, et qui représente une ressource au final assez onéreuse. Le volet santé, ensuite, ne peut être ignoré. Au cours de la formation, les chauffeurs seront fortement sensibilisés à l’impact de la prise de certaines substances (alcool, drogue,...) sur leur propre santé, mais qui mettent aussi en danger les passagers et les marchandises qu’ils transportent.

Le dernier impact positif est lié à la réduction des coûts de fonctionnement du parc véhicules pour chaque organisation. Safe Driver Certificate est un moyen de reconnaissance des compétences du chauffeur qui reçoit une attestation de capacité à l’issue de sa formation. C’est aussi un moyen de lui faire prendre conscience de l’importance des inspections journalières, de la maintenance préventive, etc. “L’une des particularités de notre formation est qu’il nous arrive d’y inviter le responsable du parc de véhicules, qui peut être le logisticien ou le responsable de la sécurité, pour un meilleur impact sur le management », explique Jean-Philippe. L’objectif final : limiter les pertes d’argent liées à une mauvaise gestion du parc de véhicules. Aujourd’hui, de plus en plus d’organisations prennent conscience de l’importance d’une telle formation. Les résultats sont déjà visibles : certaines ONG ont déjà réussi à réduire “jusqu’à 20 à 25% leurs frais de fonctionnement”, avance Jean-Philippe.

Pour TGS et Bioforce, développer et pérenniser cette formation est l’expression d’un engagement commun de longue date pour la sécurité des personnels humanitaires sur les terrains.


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Thursday, February 6, 2020 By lyece